Le simili cuir est une matière textile synthétique conçue pour imiter l’apparence du cuir animal, sans en contenir. Après avoir analysé et comparé plus de 15 produits en simili cuir (sacs, chaussures, vestes), je constate que la qualité varie énormément selon le type de simili utilisé – et que la plupart des acheteurs ne font pas la distinction entre PU et PVC, alors que c’est la clé pour ne pas se tromper.
Ce que beaucoup ignorent : en France, le terme « simili cuir » est juridiquement incorrect depuis 2010. Le décret n° 2010-29 interdit l’usage du mot « cuir » pour désigner toute matière qui ne provient pas d’une peau animale tannée. On devrait parler de « matière textile imitant le cuir » ou de « matériau synthétique ». Dans la pratique, tout le monde continue à dire simili cuir – y compris les marques.
De quoi est composé le simili cuir ?
Le simili cuir repose sur un principe simple : un support textile (généralement en coton, polyester ou polyamide) sur lequel on applique un revêtement plastique qui reproduit l’aspect et le toucher du cuir. C’est ce revêtement qui fait toute la différence entre un simili bas de gamme qui s’écaille en six mois et un simili haut de gamme qui tient plusieurs années.
Il existe deux grandes familles de simili cuir, et les confondre est l’erreur la plus courante :
Le simili cuir PU (polyuréthane)
Le PU est la version la plus qualitative du simili cuir. Son revêtement en polyuréthane lui donne un toucher souple et lisse, proche du cuir véritable. C’est le matériau qu’utilisent des marques comme Stella McCartney, Matt & Nat ou Minuit sur Terre pour leurs collections vegan, avec des prix qui montent entre 100 et 400 € selon les pièces. Le PU résiste mieux aux déchirures et à la dépigmentation que le PVC, et il est légèrement microporeux, ce qui le rend plus confortable à porter sur de longues durées.

Le simili cuir PVC (chlorure de polyvinyle) – dit « Skaï »
Le PVC est historiquement le premier simili cuir à s’être répandu à grande échelle. La marque allemande Skaï, déposée dans les années 1950, est devenue un nom générique pour désigner ce type de matière. Le PVC produit un revêtement plus épais, plus brillant et plus rigide que le PU. Il est imperméable mais ne respire pas du tout, ce qui le rend inconfortable en chaussure ou en vêtement porté à même la peau. En revanche, il reste très utilisé en ameublement (canapés, sièges auto) pour sa résistance aux taches et son prix bas.
Un simili cuir d’entrée de gamme vendu moins de 30 € en maroquinerie est presque toujours du PVC. Un simili vendu au-dessus de 80 € chez une marque spécialisée est généralement du PU – mais vérifiez toujours la fiche produit, certaines marques restent floues sur la composition.
Piège courant
L’étiquette « cuir vegan » ne garantit pas un simili de qualité. Ce terme marketing recouvre aussi bien du PU haut de gamme que du PVC basique. Cherchez toujours la mention « polyuréthane » ou « PU » dans la composition avant d’acheter.
Simili cuir, faux cuir, cuir synthétique – quelle différence ?
Aucune, en pratique. Les termes simili cuir, faux cuir, cuir synthétique, cuir artificiel et Skaï désignent tous la même famille de matériaux. Le Skaï est techniquement un nom de marque (comme Frigidaire pour les réfrigérateurs), mais il est passé dans le langage courant pour désigner n’importe quel simili en PVC.
Il y a toutefois une distinction importante à faire avec d’autres matières qui portent aussi le préfixe « cuir » :
- Le cuir PU reconstitué (ou cuir bycast) : contrairement au simili pur, il contient des résidus de peaux animales endommagées, recouverts d’un enduit polyuréthane. Ce n’est ni du cuir véritable, ni du simili 100 % synthétique.
- Les alternatives végétales (Pinatex à base de feuilles d’ananas, cuir de champignon à base de mycélium, Apple Skin à base de marc de pomme) : ce ne sont pas des simili cuir au sens classique, car elles n’utilisent pas de dérivés pétrochimiques comme base.
- Le cuir à tannage végétal : c’est du vrai cuir animal, tanné avec des extraits de plantes au lieu de sels de chrome. Ne pas confondre avec « cuir végétal » qui est souvent utilisé à tort pour parler de matières non animales.
Ce que dit la loi en France sur le terme « cuir »
Le décret n° 2010-29 du 8 janvier 2010, contrôlé par la DGCCRF, est clair : seule une matière obtenue à partir de peau animale par tannage peut légalement porter l’appellation « cuir » en France. L’utilisation du mot « cuir » comme racine ou comme adjectif est également concernée. Cela signifie que les expressions « simili cuir », « cuir vegan » ou « cuir végétal » (au sens de matière non animale) sont théoriquement répréhensibles.
La Fédération Française de la Tannerie Mégisserie et le Conseil National du Cuir surveillent activement les abus. Pourtant, ces termes restent massivement utilisés dans le commerce en ligne, sur les marketplaces et même par certaines grandes marques. La raison est pragmatique : « matière synthétique imitant le cuir » ne tient pas sur une étiquette, et les consommateurs cherchent « simili cuir » sur Google, pas « textile enduit de polyuréthane ».
Combien de temps dure le simili cuir ?
C’est le point faible principal de cette matière, et celui que les vendeurs mentionnent le moins. En usage quotidien :
- Simili PVC bas de gamme : 1 à 2 ans avant que le revêtement ne craquelle, surtout sur les zones de pliure (coudes de vestes, plis de chaussures, coins de sacs)
- Simili PU milieu de gamme : 3 à 5 ans avec un entretien régulier
- Simili PU haut de gamme (marques spécialisées) : 5 à 7 ans, voire plus si l’usage est modéré
À titre de comparaison, une paire de chaussures en cuir pleine fleur bien entretenue peut durer 10 à 20 ans. Le simili ne patine pas comme le cuir – il se dégrade. C’est une différence fondamentale à garder en tête au moment de choisir.

L’entretien joue un rôle direct sur la longévité. Le simili cuir craint l’humidité prolongée et les frottements répétés. Un nettoyage mensuel au chiffon humide et l’application d’un produit d’entretien adapté peuvent prolonger sa durée de vie de 1 à 2 ans. Pour les détails pratiques, j’ai rédigé un guide complet sur l’entretien du cuir vegan qui couvre aussi les simili cuir PU.
Bonne pratique
Pour tester si un produit est en simili cuir ou en cuir véritable, versez une goutte d’eau dessus. Le cuir animal absorbe le liquide en quelques secondes. Le simili le repousse – l’eau perle à la surface sans pénétrer.
Questions fréquentes sur le simili cuir
Le simili cuir est-il vegan ?
Le simili cuir PU et PVC pur ne contient aucune matière animale et convient à un mode de vie vegan. Attention cependant au cuir PU reconstitué (bycast), qui intègre des chutes de peaux animales dans sa fabrication. Vérifiez que la fiche produit mentionne « 100 % synthétique » ou « sans composant d’origine animale ».
Le simili cuir est-il écologique ?
Pas particulièrement. Le PU et le PVC sont tous deux dérivés de la pétrochimie. Le PVC pose un problème supplémentaire : sa fabrication libère des dioxines et ses plastifiants (phtalates) sont classés perturbateurs endocriniens. Certaines marques comme Noani ou Ahimsa proposent des simili cuir PU à base de polyuréthane recyclé, ce qui réduit l’empreinte carbone sans l’éliminer.
Comment reconnaître le simili cuir du vrai cuir ?
Trois tests rapides : le toucher (le cuir est chaud, le simili reste froid), l’odeur (le cuir a une odeur musquée naturelle, le simili sent le plastique ou rien du tout) et la surface (le cuir véritable présente des irrégularités naturelles, le simili a un grain parfaitement uniforme et répétitif).
Quelle est la différence entre simili cuir et Skaï ?
Skaï est une marque allemande de simili cuir en PVC, déposée dans les années 1950. Le terme est devenu générique pour désigner tout simili cuir en PVC, mais techniquement, le simili cuir en PU n’est pas du Skaï. En résumé : tout Skaï est du simili cuir, mais tout simili cuir n’est pas du Skaï.