Rédigé par Solène Vasseur·Publié le 21 septembre 2026·Mis à jour le 06 juillet 2026

Un dentifrice a beau ressembler à un simple mélange de minéraux et d’eau, plusieurs de ses ingrédients courants sont bel et bien d’origine animale : la glycérine, certains arômes et colorants comme le carmin, des actifs à base de calcium, et surtout les produits de la ruche glissés dans les formules « naturelles ». En comparant la composition d’une quinzaine de dentifrices, du tube de supermarché au format solide, j’ai vu revenir les mêmes pièges. Voici lesquels, et comment lire une étiquette pour ne plus se tromper.

L’essentiel

  • 1 La glycérine, l’ingrédient le plus courant, peut être d’origine végétale ou animale — et rien n’oblige la marque à le préciser.
  • 2 Les mentions vagues arôme et colorant peuvent cacher du carmin (E120), un pigment tiré d’insectes.
  • 3 Un dentifrice « naturel » ou « bio » n’est pas toujours vegan : certains ajoutent de la propolis, du miel ou de la cire d’abeille.
  • 4 Seul un label vegan (EVE Vegan, V-Label, PETA) garantit l’absence totale d’ingrédients d’origine animale.

Pourquoi un dentifrice n’est pas toujours vegan

La base d’un dentifrice est presque toujours d’origine minérale ou végétale : de la silice ou du bicarbonate pour nettoyer, du fluor pour l’émail, de l’eau, du xylitol et un arôme de menthe. Les ingrédients d’origine animale, eux, se logent dans les additifs : humectants, colorants, actifs « soin ». Ils sont rarement mis en avant, et souvent impossibles à identifier sans connaître leurs noms techniques.

On imagine spontanément qu’un dentifrice bio ou naturel est le choix le plus sûr pour éviter les ingrédients animaux. C’est parfois l’inverse. Les formules naturelles remplacent les antibactériens de synthèse par des actifs végétaux… ou par de la propolis, une résine fabriquée par les abeilles. Un dentifrice industriel de supermarché n’en contient jamais ; une pâte artisanale « aux plantes », si. La mention « naturel » n’a donc rien à voir avec le caractère vegan : elle peut même signaler un ingrédient de la ruche que les formules classiques n’utilisent pas.

Les ingrédients d’origine animale à repérer sur l’étiquette

La difficulté, c’est que ces ingrédients portent des noms techniques ou se cachent derrière des mentions volontairement floues. Voici les principaux, du plus fréquent au plus discret.

Une personne lit la composition d'un dentifrice vegan avant son utilisation dans une salle de bain.

La glycérine, l’ingrédient ambigu numéro un

Présente dans la plupart des dentifrices, classiques comme naturels, la glycérine (glycerin, glycérol) sert d’humectant : elle garde la pâte souple et retient l’eau. Le problème, c’est qu’elle peut être extraite de graisses végétales comme de graisses animales (suif). Les fabricants ne sont pas tenus d’indiquer l’origine, et la plupart ne le font pas. Même flou pour l’acide stéarique et les stéarates, indéterminés tels quels sur l’étiquette. Le seul repère fiable : la mention glycérine végétale ou un label vegan.

Le carmin et les arômes « naturels »

Les mots arôme (aroma) et colorant recouvrent des mélanges que rien n’oblige à détailler. Le cas le plus connu est le carmin, un pigment rouge tiré d’insectes cochenilles réduits en poudre. Il se cache sous plusieurs noms : E120, cochenille, carmine, rouge naturel 4 ou CI 75470. On le rencontre surtout dans les dentifrices colorés et les gammes enfants. La guanine, un agent nacrant tiré d’écailles de poisson (CI 75170), joue le même rôle dans les pâtes à effet brillant.

Les produits de la ruche : propolis, miel, cire d’abeille

C’est le piège des formules douces et artisanales. La propolis, récoltée par les abeilles, est ajoutée pour ses propriétés antibactériennes ; le miel et la cire d’abeille (beeswax, cera alba) pour la texture ou l’effet apaisant. Aucun n’est vegan, puisque tous proviennent de la ruche. Ils sont d’autant plus trompeurs qu’ils apparaissent sur des produits vendus comme sains et respectueux de la nature.

Le calcium, la vitamine B12 et les actifs reminéralisants

Les dentifrices qui promettent de reminéraliser l’émail ajoutent souvent du carbonate de calcium ou de l’hydroxyapatite. Le calcium peut être purement minéral, mais l’hydroxyapatite est parfois dérivée d’os de bœuf plutôt que synthétisée en laboratoire. La vitamine B12 existe elle aussi en version animale ou fermentée. Plus rare, le chitosane provient de carapaces de crustacés. Aucun de ces actifs n’est vegan par défaut : il faut vérifier la source auprès de la marque.

Vegan, cruelty-free et bio : trois promesses à ne pas confondre

Ces trois mentions se retrouvent souvent sur le même tube, mais elles ne garantissent pas la même chose. Un dentifrice peut être cruelty-free (non testé sur les animaux) tout en contenant de la propolis. Il peut être bio sans être vegan, le cahier des charges de l’agriculture biologique n’interdisant pas les ingrédients d’origine animale. Et il peut être vegan sans être bio.

Mention Ce qu’elle garantit Ce qu’elle ne garantit pas Repère
1 Vegan Aucun ingrédient d’origine animale L’absence de tests sur animaux EVE Vegan, V-Label
2 Cruelty-free Pas de tests sur les animaux L’absence de miel, cire ou propolis Leaping Bunny, One Voice
3 Bio Ingrédients naturels, sans pétrochimie Le caractère vegan de la formule Label AB, Cosmos Organic

Les labels qui garantissent un dentifrice vegan

Face aux étiquettes floues, un logo officiel reste le repère le plus rapide. Quatre reviennent régulièrement sur les produits d’hygiène vendus en France.

EVE Vegan

Certification française délivrée par Expertise Végane Europe, elle distingue les produits « vegan » des produits « vegan et bio », et contrôle l’ensemble de la formule ainsi que le procédé de fabrication. C’est l’un des logos les plus présents sur les cosmétiques et l’hygiène en France.

V-Label

Le fameux V vert, géré par l’Union végétarienne européenne, s’applique aussi bien à l’alimentaire qu’aux cosmétiques dans toute l’Europe. Sur un dentifrice, la version « vegan » du label garantit l’absence d’ingrédients d’origine animale.

Le Vegan Trademark de la Vegan Society

Le logo au tournesol de la Vegan Society britannique, créé en 1990, est l’un des plus anciens et des plus reconnus au monde. On le croise sur de nombreuses marques d’hygiène distribuées en France.

PETA

L’association américaine appose deux mentions distinctes : « Cruelty-Free » seul, et « Cruelty-Free and Vegan ». La nuance compte : lisez le libellé exact, car le premier ne garantit pas l’absence d’ingrédients animaux. À noter, les labels Leaping Bunny et One Voice certifient uniquement le cruelty-free, pas le véganisme.

Un dentifrice vegan accompagné d'une brosse à dents en bambou et d'ingrédients naturels sur un plan de travail en marbre.

Comment choisir un dentifrice vegan sans se tromper

En pratique, deux réflexes suffisent : chercher un logo vegan, et à défaut, passer la liste des ingrédients au crible des noms repérés plus haut.

Piège courant

Un tube estampillé « sans cruauté » ou « testé dermatologiquement » ne dit rien de sa composition : il peut contenir de la glycérine animale ou de la propolis. De même, « d’origine naturelle » n’exclut pas les produits de la ruche. Seul un logo vegan ou une liste d’ingrédients entièrement végétale tranche la question.

Côté marques, plusieurs gammes affichent clairement le caractère vegan sur l’ensemble de leurs dentifrices. Lamazuna et Comme Avant, deux marques françaises, misent sur le format solide ou en poudre. Ben & Anna propose des tubes vegan plus classiques, et The Humble Co des pâtes et brosses en bambou. Sur ces gammes, le logo vegan est vérifié produit par produit, ce qui évite d’avoir à décrypter chaque ingrédient soi-même.

Le même réflexe vaut pour le reste de la salle de bain : composition vague, mentions marketing rassurantes, origine des ingrédients passée sous silence. Pour le démaquillage par exemple, une eau micellaire vegan pose exactement les mêmes questions d’étiquette que le dentifrice.

À vérifier avant d’acheter

Cherchez d’abord un logo vegan (EVE Vegan, V-Label, PETA). S’il est absent, repérez sur la liste : glycérine sans mention « végétale », propolis, miel, cera alba, carmin / E120 et guanine. Méfiez-vous des mentions « naturel » et « bio » seules : en cas de doute, une liste 100 % végétale reste le meilleur repère.

Les questions que vous vous posez encore

Un dentifrice bio est-il forcément vegan ?

Non. Les labels AB et Cosmos Organic encadrent l’origine naturelle des ingrédients et l’absence de pétrochimie, pas la présence d’ingrédients animaux. Un dentifrice bio peut parfaitement contenir de la propolis ou du miel. Seul un logo vegan garantit l’inverse.

Le fluor est-il vegan ?

Oui. Le fluor des dentifrices (fluorure de sodium, monofluorophosphate) est un composé minéral obtenu par synthèse, sans aucune origine animale. Le débat autour du fluor porte sur le dosage et la santé, pas sur le véganisme.

Comment reconnaître une glycérine végétale ?

La seule certitude vient de la mention explicite glycérine végétale (vegetable glycerin) ou d’un label vegan sur le produit. Le terme glycerin seul ne permet pas de trancher, puisque l’indication de l’origine n’est pas obligatoire sur l’étiquette.

Les dentifrices solides sont-ils plus souvent vegan ?

Souvent, mais pas toujours. Beaucoup de formats solides et de poudres (à base d’argile, de bicarbonate et d’huiles essentielles) sont naturellement vegan, mais certains ajoutent du miel ou de la propolis. Le format ne remplace jamais la lecture de l’étiquette.

Le carmin est-il courant dans le dentifrice ?

Il reste rare, surtout présent dans les pâtes colorées et certaines gammes enfants. Mais comme il se cache derrière E120 ou CI 75470, il passe facilement inaperçu sur une liste d’ingrédients.

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Solène Vasseur

Passionnée de mode responsable depuis plus de 8 ans, j'analyse les matières, les marques et les tendances de la chaussure vegan. Mon objectif : vous aider à trouver des chaussures éthiques sans compromis sur le style.