En préparant ce guide, j’ai comparé les étiquettes de 14 compléments de vitamine D vendus en France, des gouttes de pharmacie aux comprimés de lichen bio. Le constat est net : si vous êtes vegan, la forme à privilégier est la vitamine D3 (cholécalciférol) issue de lichen ou d’algue, et surtout pas la D2. Cela va à rebours de ce qu’on entend souvent. Voici comment trier entre les formes, les origines et les dosages.
D2, D3, lichen, algue : ce qui change vraiment
La vitamine D n’est pas une molécule unique mais une petite famille. Deux formes nous intéressent en supplémentation : la D2 (ergocalciférol) et la D3 (cholécalciférol). La confusion vient de leur origine historique, et c’est là que le réflexe « vegan donc D2 » se retourne contre vous.
La D2 (ergocalciférol), longtemps la seule option vegan
La D2 est la forme que produisent les végétaux : champignons, levures, céréales. Pendant des années, c’était la seule vitamine D « végétale » disponible, donc le choix par défaut des végétaliens. Le problème : plusieurs études cliniques montrent que la D2 remonte moins efficacement et moins durablement le taux sanguin de 25-hydroxyvitamine D, le marqueur que votre médecin mesure. Une prise de D2 peut même faire baisser la D3 circulante. C’est pour cette raison qu’elle est aujourd’hui largement délaissée en supplémentation.
La D3 (cholécalciférol), longtemps réservée aux non-vegans
La D3 est la forme que votre peau fabrique sous l’effet des rayons UVB, et la plus efficace pour corriger un déficit. Dans les compléments, elle provient classiquement de la lanoline (cire de laine de mouton) ou de l’huile de foie de morue. Deux sources animales, donc longtemps incompatibles avec un mode de vie vegan. D’où le dilemme apparent : la forme la plus efficace n’était pas accessible sans produit animal.

Le tournant du lichen et des algues
Ce dilemme n’existe plus. Le lichen boréal (de l’espèce Cladonia rangiferina, aussi appelé « lichen des rennes ») est l’un des rares organismes non animaux à produire naturellement de la D3. Il pousse à l’état sauvage en Scandinavie, au Canada et en Irlande, et il est aussi cultivé dans le sud de l’Inde pour certains laboratoires. Les micro-algues offrent une seconde source vegan de D3, retenue par exemple par Aroma-Zone. Résultat : on obtient aujourd’hui une D3 100 % végétale, sans lanoline ni morue.
| Forme | Origine | Vegan ? | Assimilation | |
|---|---|---|---|---|
| 1 | D3 – lichen | Lichen boréal (Cladonia rangiferina) | Oui | Excellente |
| 2 | D3 – algue | Micro-algues | Oui | Excellente |
| 3 | D3 – lanoline | Laine de mouton | Non | Excellente |
| 4 | D2 | Champignons, levures | Oui | Faible |
Pourquoi la D3 végétale vaut la D3 animale
C’est le point qui surprend le plus : la D3 de lichen et la D3 de lanoline sont exactement la même molécule, le cholécalciférol. Votre organisme ne fait aucune différence entre les deux, leur efficacité est strictement identique. L’idée qu’une source animale serait « plus naturelle » ou « mieux assimilée » ne tient pas : ce qui compte, c’est la forme chimique, pas l’origine.
Sur le plan de l’efficacité, la D3 creuse l’écart avec la D2. Les travaux de référence, comme l’étude de Trang publiée en 1998 puis confirmée par des méta-analyses plus récentes, montrent que la D3 élève le taux sanguin de 25(OH)D nettement plus que la D2, certaines estimations parlant d’une efficacité environ deux fois supérieure. Concrètement, pour combler un déficit, une D3 de lichen fera mieux le travail qu’une D2 de champignon, à dosage égal. La question n’est donc pas « vegan ou efficace », mais « quelle source vegan de D3 ».
Lichen ou algue : quelle source vegan privilégier ?
Les deux sources végétales de D3 tiennent leurs promesses, mais elles n’ont pas tout à fait le même profil.
Le lichen boréal est la source la plus répandue. On la retrouve chez D.Plantes, UNAE, Laboratoires Le Stum ou encore D3Form. C’est aussi la voie qui propose le plus souvent une version bio : le lichen de D3Form, par exemple, est certifié ECOCERT, sans pesticide ni métaux lourds. Si vous cherchez une vitamine D3 vegan bio, c’est presque toujours du côté du lichen qu’il faudra regarder.
La micro-algue est l’autre option, retenue notamment par Aroma-Zone pour son complément Vitamine D3 vegan dosé à 400 UI par goutte sur une base d’huile MCT de coco. L’argument est la traçabilité d’une culture maîtrisée plutôt que d’une cueillette sauvage. Pour le consommateur, la différence reste marginale : dans les deux cas, vous obtenez du cholécalciférol végétal. Le vrai critère de tri se joue ailleurs, sur la galénique et le dosage.
Comment bien choisir votre vitamine D vegan
Une fois la forme tranchée (D3 vegan, point final), trois critères concrets départagent les produits. Le bon choix dépend surtout de votre profil et de votre usage.
La forme galénique : gouttes, comprimés ou spray
La vitamine D est liposoluble, c’est-à-dire qu’elle a besoin de gras pour être absorbée. Les gouttes huileuses (sur base d’huile de colza, d’huile d’olive ou de MCT de coco) cochent naturellement cette case et permettent d’ajuster la dose au plus juste. Les comprimés et gélules, comme les 2000 UI de D3Form, sont plus pratiques à emporter mais moins modulables. Le spray séduit pour sa simplicité, une pulvérisation valant une dose. Pour un nourrisson ou un jeune enfant, les gouttes restent la référence.
Le dosage : combien d’UI selon votre profil
Les besoins varient fortement. À titre indicatif, Aroma-Zone conseille pour sa D3 vegan : 2 à 5 gouttes par jour (800 à 2000 UI) pour un adulte, 2000 UI pour les femmes enceintes ou allaitantes et pour les personnes à la peau mate vivant sous nos latitudes, 400 à 1600 UI pour les adolescents et 400 UI pour les enfants de 3 à 11 ans. Les seniors et les sportifs sont aussi dans la fourchette haute. Avant toute cure prolongée, un dosage sanguin chez votre médecin reste le seul moyen fiable de savoir où vous en êtes, et d’éviter un surdosage.
Le label bio et la composition
Lisez la liste d’ingrédients : une bonne D3 vegan se résume souvent à trois lignes, l’huile support, le cholécalciférol et un antioxydant naturel (tocophérols). Méfiez-vous des formules à rallonge avec colorants ou agents de texture inutiles. Le label ECOCERT ou la mention agriculture biologique garantissent un lichen cultivé sans pesticide. La fabrication française, affichée par plusieurs labos, est un plus pour la traçabilité.
Mon astuce
Prenez votre vitamine D pendant un repas contenant un peu de gras (avocat, huile d’olive, oléagineux). Étant liposoluble, elle s’absorbe bien mieux ainsi qu’à jeun. Les formes en gouttes huileuses portent déjà ce gras avec elles.

Et l’alimentation ? Les sources végétales de vitamine D
C’est la question qui revient toujours : peut-on couvrir ses besoins par l’assiette ? La réponse honnête est non, ou presque. Les aliments riches en vitamine D les plus connus (huile de foie de morue, poissons gras, jaune d’œuf) sont tous d’origine animale. Côté végétal, le tableau est maigre.
Les seuls aliments végétaux qui en apportent un peu sont les champignons exposés aux UV, et ils ne fournissent que de la D2, la forme la moins efficace. Restent les aliments enrichis : certaines boissons végétales, jus ou céréales reçoivent un ajout de vitamine D, parfois D2, parfois D3 d’origine variable. C’est pourquoi la supplémentation n’est pas un luxe mais une base, surtout entre octobre et avril où le soleil ne suffit plus à enclencher la production cutanée. La logique est exactement la même que pour la vitamine B12 chez les vegans : un nutriment que l’alimentation végétale ne couvre pas, et qu’il faut donc apporter autrement.
Erreur fréquente
Compter sur les champignons ou un jus enrichi pour ses apports. Les quantités sont trop faibles et trop variables, et il s’agit souvent de D2. Près de 80 % de la population française est en déficit de vitamine D, vegan ou pas.
Questions fréquentes sur la vitamine D vegan
Les vegans manquent-ils plus de vitamine D que les autres ?
Pas vraiment, et c’est une surprise pour beaucoup. Le déficit en vitamine D est massif dans toute la population : l’Académie de Médecine estimait dès 2012 que près de 80 % des Français en manquaient, omnivores compris. La vraie source de vitamine D, c’est le soleil, pas l’assiette. Les vegans partent juste avec un point d’attention en plus : éviter la D2 et choisir une D3 végétale efficace.
Vitamine D2 ou D3 pour un vegan ?
La D3, sans hésiter. La D2 était le choix par défaut quand aucune D3 végétale n’existait, mais elle remonte moins bien et moins longtemps le taux sanguin de 25(OH)D. Avec le lichen et les algues, vous accédez à une D3 vegan aussi performante que la D3 animale. La D2 n’a plus vraiment de raison d’être pour une supplémentation sérieuse.
Le lichen est-il vraiment vegan ?
Oui. Le lichen est un organisme particulier, né de l’association d’une algue et d’un champignon, donc ni un animal ni un sous-produit animal. Sa récolte ne tue ni n’exploite aucun être sensible, contrairement à la lanoline issue de la tonte. La D3 de lichen fait consensus dans la communauté végane comme alternative à la D3 de mouton.
Quelle vitamine D3 vegan trouve-t-on facilement ?
L’offre s’est étoffée. Aroma-Zone propose une D3 d’algue à 400 UI par goutte, D.Plantes et UNAE des gouttes de lichen, D3Form des comprimés bio à 2000 UI. En pharmacie, vérifiez toujours la mention « cholécalciférol issu du lichen » ou « d’algue » sur l’étiquette, car beaucoup de références de cholécalciférol restent à base de lanoline.
Faut-il associer la vitamine K2 ?
C’est une association courante. La vitamine K2 (MK-7) aide à orienter le calcium vers les os plutôt que vers les artères, en complément du rôle de la vitamine D dans son absorption. Plusieurs labos proposent des packs D3 + K2, surtout pour les femmes ménopausées et les personnes âgées. Ce n’est pas indispensable pour tout le monde, mais cela a du sens si vous visez d’abord la santé osseuse.
Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Un dosage sanguin reste recommandé avant toute supplémentation prolongée.