Rédigé par Solène Vasseur·Publié le 03 octobre 2026·Mis à jour le 08 juillet 2026

Huile, bi-phasé, solide : trois formats, trois logiques de démaquillage, et une même exigence dès qu’on veut du vegan. La bonne réponse dépend surtout de votre peau, de votre maquillage et de vos habitudes. J’ai comparé une quinzaine de démaquillants vegan ces derniers mois, de l’huile à rincer au galet solide, et voici comment trancher sans vous tromper — en commençant par ce qui rend, ou non, un démaquillant réellement vegan.

L’essentiel

  • 1 Un démaquillant vegan exclut cire d’abeille (Cera alba), lanoline, miel et squalène animal — le bio ne le garantit pas.
  • 2 Peau sèche ou mature et maquillage tenace → huile démaquillante.
  • 3 Yeux sensibles et mascara waterproof → bi-phasé (deux phases à secouer).
  • 4 Démarche zéro déchet et petit budget → solide (un galet tient plusieurs mois).

Ce qui rend un démaquillant vraiment vegan (le bio ne suffit pas)

Un démaquillant vegan ne contient aucun ingrédient d’origine animale, ni dans sa formule, ni dans ses colorants. C’est plus strict que le cruelty-free, qui garantit seulement l’absence de tests sur les animaux : un produit non testé peut très bien contenir du miel ou de la cire d’abeille.

Le piège se cache surtout dans les listes INCI. Les ingrédients animaux les plus courants dans un démaquillant sont la cire d’abeille (INCI Cera alba ou Beeswax, fréquente dans les textures baume et solides), la lanoline (Lanolin, dérivée de la laine de mouton, présente dans les laits nourrissants) et le squalène animal (Squalene, issu du foie de requin — même s’il existe désormais une version végétale tirée de l’olive). On croise aussi le miel (Mel), la propolis, la guanine (CI 75170, extraite d’écailles de poisson) et le carmin (CI 75470, à base de cochenilles) sur les produits teintés.

Ici intervient l’erreur la plus répandue : croire qu’un produit certifié bio est forcément vegan. Les cahiers des charges Ecocert et COSMOS autorisent le miel, la cire d’abeille et la lanoline. Résultat concret : un lait démaquillant « au lait d’ânesse » peut être parfaitement bio et pourtant totalement non vegan.

Piège courant

La mention « bio » ou « naturel » ne dit rien du caractère vegan. Seul un logo dédié le garantit : EVE Vegan, PETA « Cruelty-Free and Vegan », V-Label ou Vegan Society. En l’absence de logo, lisez l’INCI ligne par ligne.

L’huile démaquillante : pour les peaux sèches et le maquillage tenace

Le principe de l’huile démaquillante repose sur une règle simple de chimie : le gras dissout le gras. Elle vient à bout d’un fond de teint longue tenue ou d’un maquillage waterproof sans frotter, là où une eau seule glisse dessus. Au contact de l’eau tiède, elle émulsionne en un voile laiteux qui se rince.

Femme utilisant une huile démaquillante vegan dans sa routine du soir.

C’est le format le plus confortable pour les peaux sèches, normales ou matures, qui apprécient le côté nourrissant. Les huiles végétales utilisées ne sont pas interchangeables : la jojoba est proche du sébum et convient même aux peaux mixtes, tandis que l’huile de coco est plus riche. Côté vegan, l’huile démaquillante 7 ingrédients de Typology (autour de 13,50 €, à rincer) est une entrée en matière lisible, avec une formule courte facile à décrypter.

Sa limite : sur une peau grasse ou sujette aux imperfections, un rinçage bâclé peut laisser un léger film. On masse sur peau sèche, puis on émulsionne à l’eau tiède avant de rincer soigneusement. C’est aussi le format le plus polyvalent quand on veut un seul produit pour le visage et les yeux.

Le démaquillant bi-phasé : l’allié des yeux et du mascara waterproof

Le bi-phasé superpose deux couches qu’on mélange en secouant le flacon : une phase huileuse qui décolle le waterproof et une phase aqueuse qui apaise et limite le côté gras. C’est cette double action qui en fait la référence pour le contour de l’œil, le mascara et l’eyeliner tenaces.

On le croit souvent réservé aux yeux, mais la phase huileuse le rend tout aussi efficace sur l’ensemble du visage. Il s’applique généralement sur un coton, sans rinçage : on laisse poser quelques secondes sur les cils avant de retirer en douceur. Côté vegan, le démaquillant bi-phasé yeux et lèvres bio des Laboratoires de Biarritz est labellisé vegan, formulé à l’huile de ricin, adapté aux yeux sensibles ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes.

Ses contreparties : il faut agiter à chaque usage pour ré-émulsionner les deux phases, et l’application au coton consomme du jetable si vous n’utilisez pas de carrés lavables. Attention aussi aux formules « waterproof » du commerce qui glissent une cire animale dans la phase huileuse.

Le démaquillant solide : zéro déchet, nomade et économique

Le solide se présente sous forme de galet ou de baume qu’on mouille : au contact de l’eau, il se transforme en lait qui nettoie et retire le maquillage. C’est le champion du zéro déchet — pas de flacon plastique — et de la durée : un galet peut tenir plusieurs mois, ce qui en fait le format le plus économique à l’usage.

Là encore, un préjugé tenace veut que le solide soit un gadget écolo peu efficace. En pratique, il émulsionne aussi bien qu’une huile et vient à bout du waterproof. Deux références vegan l’illustrent : l’huile solide Nüe de Pachamamaï (huile de coco et beurre de kokum, fabriquée à la main en France, boîte métal rechargeable) plutôt orientée peaux sèches, et le galet Comme Avant (huile de jojoba et cire de candelilla, une cire végétale, fabriqué à Marseille, sans parfum, tous types de peau).

Ses limites tiennent à la prise en main : les premiers jours, il faut gratter un peu le galet pour en charger assez sur les yeux, et penser à le laisser sécher à l’air libre entre deux usages pour qu’il dure. Rien de rédhibitoire une fois le geste acquis.

Et le lait démaquillant ? La douceur pour les peaux réactives

Le lait démaquillant vegan mérite sa place dans ce comparatif. Sa texture crémeuse et légère en fait l’option la plus douce, idéale pour les peaux sensibles ou réactives et pour un maquillage léger. On l’applique au coton, avec ou sans rinçage selon la formule.

Seul, il montre ses limites face au waterproof : on le complète alors par une huile ou une eau. Côté vegan, méfiez-vous du Lanolin et du Lac (lait) dans l’INCI, fréquents sur les laits « nourrissants ». Pour un maquillage discret ou pas de maquillage du tout, un lait vegan ou une eau micellaire vegan suffisent largement au quotidien.

Récapitulatif : quel format pour quel profil

Aucun format n’est « meilleur » dans l’absolu — tout dépend de votre peau et de votre maquillage. Voici les repères pour trancher d’un coup d’œil.

Format Pour qui Rinçage Prix indicatif En bref
1 Huile Peau sèche/mature, waterproof Oui ~12-16 € Nourrissant, efficace
2 Bi-phasé Yeux sensibles, mascara waterproof Non (coton) ~10-18 € Ciblé yeux et visage
3 Solide Zéro déchet, budget, voyage Oui ~10-15 € Économique, nomade
4 Lait Peau réactive, maquillage léger Selon la formule ~8-15 € Doux, léger
Huile démaquillante, démaquillant bi-phase et démaquillant solide vegan présentés côte à côte.

Ce que je recommande selon votre peau

Si je devais résumer huit ans d’essais en une phrase : le bon démaquillant vegan est celui qui colle à votre peau et dont vous avez vraiment lu l’INCI. Pour une peau normale à mixte avec un maquillage quotidien, je conseille l’huile — c’est le meilleur rapport efficacité/confort, et un seul produit gère le visage et les yeux.

Dès que vous portez du mascara ou un eyeliner waterproof, gardez un bi-phasé en complément : la phase aqueuse évite l’effet gras sur le contour de l’œil. Si votre priorité est le zéro déchet ou le voyage, le solide est imbattable sur la durée, à condition d’accepter un petit temps d’adaptation. Enfin, pour une peau réactive ou un maquillage minimaliste, le lait ou l’eau micellaire restent les plus doux.

À vérifier avant d’acheter

Passez la liste INCI en revue et écartez le produit s’il contient Cera alba, Beeswax, Lanolin, Mel, Squalene (sans mention végétale), Lac, CI 75470 (carmin) ou CI 75170 (guanine). Un logo vegan vous évite ce contrôle.

Trois questions que l’on me pose souvent

Un démaquillant bio est-il forcément vegan ?

Non. Les labels Ecocert et COSMOS encadrent l’origine naturelle des ingrédients, mais autorisent le miel, la cire d’abeille et la lanoline. Un lait démaquillant bio « au lait d’ânesse » en est l’exemple type : bio et non vegan. Seul un logo comme EVE Vegan, V-Label ou PETA « Cruelty-Free and Vegan » garantit l’absence totale d’ingrédient d’origine animale.

Le démaquillant solide enlève-t-il vraiment le waterproof ?

Oui. Au contact de l’eau, le galet émulsionne en lait et dissout le maquillage gras, mascara waterproof compris. Des références vegan comme Pachamamaï (Nüe) ou Comme Avant en font la démonstration au quotidien. Le geste : mouiller le visage à l’eau tiède, frotter le galet entre les mains ou directement sur la peau, masser, puis rincer. Un rinçage tiède facilite le décollage du waterproof.

Huile ou bi-phasé pour les yeux sensibles ?

Le bi-phasé a souvent l’avantage : sa phase aqueuse apaise et laisse moins de film gras sur le contour de l’œil, et il s’utilise sans rinçage sur un coton. Le bi-phasé yeux et lèvres des Laboratoires de Biarritz, formulé à l’huile de ricin, est d’ailleurs présenté comme adapté aux yeux sensibles et aux femmes enceintes. L’huile reste une bonne option si vous préférez un seul produit visage et yeux.

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Solène Vasseur

Passionnée de mode responsable depuis plus de 8 ans, j'analyse les matières, les marques et les tendances de la chaussure vegan. Mon objectif : vous aider à trouver des chaussures éthiques sans compromis sur le style.